Lêgerîn #19 est maintenant disponible ! Les jeunes se soulèvent
- 1 mai
- 3 min de lecture
Chères lectrices, chers lecteurs,
« L’ancien monde se meurt, et le nouveau monde peine à naître : c’est l’heure des monstres. » Cette citation d’Antonio Gramsci, datant de 1929, aurait pu être écrite aujourd’hui, tant elle décrit avec justesse la situation à laquelle nous sommes actuellement confrontés. Tout indique que le soi-disant ordre mondial, fondé sur le droit international, appartient désormais au passé. En mars, le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, l’a lui-même reconnu : « Honnêtement, je ne comprends même pas comment on peut aujourd’hui appeler quiconque à respecter les normes et les principes du droit international. En fait, celui-ci n’existe plus. Et quelle loi a remplacé le droit international ? Personne ne peut vraiment le dire pour l’instant… » Un récent discours de Macron sur les armes nucléaires définit le principe sur lequel se construit le nouvel ordre mondial : « Pour être libre, il faut être craint. Et pour être craint, il faut être puissant. » La crise existentielle à laquelle est confronté le capitalisme ne lui permet plus de se cacher derrière un masque. Alors que les guerres en cours révèlent ouvertement cette brutalité, les dossiers Epstein nous montrent la nature de la mentalité patriarcale qui se cache derrière ces massacres.
Dans cette période sombre, les soulèvements de la jeunesse de ces derniers mois sont autant de lueurs d’espoir qui se propagent sur tous les continents. Ces mouvements constituent un appel à reprendre l’initiative et à sortir de la paralysie dans laquelle le système cherche à nous plonger. Comment comprendre ces soulèvements ? Quelles sont leurs forces et leurs faiblesses ? Quelles perspectives s’offrent à nous pour parvenir à un changement durable ? À travers ce numéro, nous souhaitons proposer quelques réponses possibles à ces questions.
Ce qui est clair, c’est que se révolter contre le système ne suffit pas ; nous devons également nous en détacher, tant sur le plan matériel que mental. Nous ne pouvons plus accepter de servir en tant que soldats, travailleurs ou fonctionnaires au service des États et des forces capitalistes qui mènent l’humanité à sa perte. Nous devons construire notre propre système en parallèle, en plaçant la liberté des femmes au cœur de celui-ci.
« La mise en pratique de la théorie passe par la communalisation. Une vie libre et digne ne peut être atteinte qu’en construisant des communes dans tous les domaines de la vie. La véritable liberté des femmes – et donc de la société – dépend du pouvoir des femmes et du travail de construction de la commune qu’elles mènent. »¹ Nous nous tenons aux côtés des jeunes qui décident de retourner dans leurs villages en Indonésie, aux côtés de celles et ceux qui démissionnent de leurs écoles ou de leurs lieux de travail pour protester contre la guerre en Europe, nous nous tenons aux côtés de la Génération Z de Madagascar qui défend ses acquis durement gagnés, et aux côtés des jeunes qui mettent en place leurs unités d’autodéfense au Rojava, nous sommes avec la jeunesse zapatiste qui renforce son autonomie, et aux côtés de celles qui se préparent à reprendre la mer à bord des flottilles vers Gaza.
Ensemble, construisons le soulèvement permanent de la jeunesse !
Le comité éditorial de Lêgerîn
1. Message d’Abdullah Öcalan du 8 mars
Pour télécharger le nouveau numéro: https://04042e78-c5d3-4c33-8782-9efc09aececc.usrfiles.com/ugd/04042e_ee4e9810f72945c18ad813cae02ae0a2.pdf



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